Iran :: La France opposée à un « axe iranien » au Moyen Orient

Le ministre français des Affaires étrangères a rejeté mardi 12 décembre tout « axe » iranien de la « Méditerranée à Téhéran » et demandé le départ des milices iraniennes présentes en Syrie.
« La présence iranienne et la volonté iranienne de faire un axe de la Méditerranée à Téhéran, non !« , a-t-il martelé dans une émission spéciale sur la Syrie de Bachar el-Assad qui sera diffusée mardi soir sur la chaîne France 2.
Dans ce pays, « l’Iran apporte ses milices, soutient le Hezbollah« , a-t-il rappelé. Le régime de Damas bénéficie aussi de l’appui militaire des Russes qui ont annoncé lundi le retrait d’une « partie significative » de leurs forces en Syrie.
En novembre, le chef de la diplomatie française s’était déjà attiré les foudres de Téhéran en dénonçant une « tentation hégémonique » iranienne au Moyen-Orient, du Liban au Yémen en passant par la Syrie et l’Irak.

La Syrie doit redevenir un « Etat souverain, c’est-à-dire indépendant des pressions, des présences d’autres pays« , a insisté le ministre.
La montée en puissance de l’Iran chiite suscite de fortes tensions avec ses voisins sunnites et les interrogations de l’Occident.
A la différence des Etats-Unis, qui menacent de remettre en cause l’accord sur le nucléaire iranien, les Européens, France en tête, réclament son maintien mais demandent à Téhéran de revoir son programme balistique et d’avoir une stratégie régionale moins « agressive« .
Le ministre français a par ailleurs pointé la responsabilité de Moscou et Téhéran dans le processus de paix en Syrie.
« L’essentiel des acteurs dans cette affaire ce sont quand même la Russie et l’Iran. Il faut qu’elles mettent leur poids pour aboutir à une solution politique avec les autres membres du Conseil de sécurité » (Etats-Unis, Chine, France et Grande-Bretagne), a-t-il dit.
La Russie doit aussi faire pression sur le président Bachar el-Assad pour qu’il desserre l’étau autour de la Ghouta orientale, près de Damas, où des bombardements du régime ont tué près de 200 civils en novembre.
« Si on peut convoquer Bachar el-Assad à Sotchi (Russie), on peut aussi lui dire d’arrêter (de bombarder) et de permettre que l’aide humanitaire puisse être accessible à tous« , a lancé le ministre.
Bachar el-Assad n’est « pas la solution » même si les Occidentaux ne font plus de son départ un préalable à toute négociation de paix, a-t-il enfin réaffirmé.
« On dit +on va attendre qu’il s’en aille+ mais il est là, il est soutenu ! C’est un barbare mais il est là« , a souligné le ministre.