Libye: reprise de la production de pétrole sur le champ pétrolier d’al-Fil après les combats – Mercenaires soudanais contre mercenaires tchadiens

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La Compagnie libyenne nationale de pétrole (NOC) a annoncé jeudi la reprise de la production sur le champ pétrolier d’al-Fil, au sud-ouest du pays, après une brève suspension en raison de combats sur ce site.
La NOC a rapporté « la reprise de la production sur le champ d’El-Fil le 28 novembre après la cessation des activités armées », selon un communiqué publié sur son site internet.
Mercenaires tchadiens à la solde du gouvernement reconnu par l’ONU
Des combats avaient éclaté mercredi lorsque « des groupes armés », vraisemblablement des mercenaires tchadiens dirigés par Hassan Moussa Tabawi, ont attaqué le champ pétrolier, selon les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, qui avaient pris le contrôle du site en début d’année. A noter que Hassan Moussa Tabawi a perdu la vie au cours des combats.
Mercenaires soudanais à la solde du maréchal Haftar
Sans doute en raison d’un manque d’effectifs dans la région, l’Armée Nationale Libyenne étant mobilisée dans de violents combats autour de Tripoli contre les milices ralliées au Gouvernement d’Accord National (GNA), soutenu par l’ONU, ce sont des mercenaires soudanais Janjawids de la région du Darfour, qui ont participé à la contre-attaque pour reprendre le contrôle du champ d’al-Fil au nom du maréchal Haftar. Les Soudanais étaient accompagnés des membres de la 177ème brigade, une brigade composée majoritairement de membres de la tribu arabe Hassawna.
Le maréchal Haftar en conflit ouvert avec le Gouvernement d’Accord National (GNA)
Les forces du maréchal Haftar, homme fort de l’Est libyen, sont en conflit avec le Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU. Elles ont accusé les « milices du GNA » d’être derrière l’attaque –qui n’a pas été revendiquée– et affirmé avoir répliqué avec des « raids aériens ».
Peu de dégâts sur le site d’al-Fil
« Aucun employé de la NOC n’a été blessé », a assuré la compagnie, faisant état de « quelques dégâts mineurs » sur des installations. Les équipes « ont repris la production une fois que la situation a été jugée sûre », a ajouté la NOC.
« Je rappelle à toutes les parties que les champs pétroliers et gaziers de la Libye sont une source de revenu vitale pour tous les Libyens », a déclaré le patron de la NOC, Mustafa Sanalla. « Ils ne doivent pas être une cible militaire ». « Tout affrontement près de nos installations nous force à cesser la production pour garantir la sécurité de nos personnels. Si la production cesse, tous les Libyens perdent », a averti M. Sanalla.
Le champ pétrolier d’El-Fil, une joint-venture entre la NOC et l’Italien ENI, produit 70.000 barils/jour.
Après avoir lancé une opération dans le sud de la Libye, où elles se sont emparées d’importants champs pétroliers, les forces du maréchal Haftar ont lancé une large offensive début avril contre la capitale libyenne. Les combats font rage depuis autour de Tripoli, mais les violences n’ont pas affecté la production de pétrole, seule source de revenu du pays, estimée à 1,25 million b/j en moyenne.
Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte, la Libye est plongée dans le chaos avec des luttes de pouvoir et des milices armées qui font la loi.