Syrie : plus de 80 morts dans de violents combats dans le Nord-Ouest

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Plus de quatre-vingt personnes ont été tuées depuis jeudi en Syrie lors de violents affrontements entre les forces du régime et des groupes armés dans le dernier grand bastion hostile à Damas, dans le nord-ouest du pays, selon un nouveau bilan d’une ONG.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 51 jihadistes et rebelles ont été tués lors de combats ayant eu lieu dans la région d’Idleb, contre 30 combattants prorégime. Ces affrontements meurtriers, qui se poursuivent depuis jeudi soir, se sont déroulés notamment près de la ville de Maarat al-Nouman, contrôlée par les jihadistes.
En parallèle, l’aviation russe, qui soutient les forces du régime, pilonne les zones autour de Maarat al-Nouman et de la ville voisine de Saraqeb, selon l’OSDH.
Des dizaines de milliers de civils ont fui les bombardements cette semaine
Cette nouvelle montée de tensions a provoqué une vague de déplacements, des dizaines de milliers d’habitants des zones visées fuyant en masse les violences, a indiqué vendredi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).
« A la suite de l’intensification des frappes aériennes et des bombardements depuis le 16 décembre sur le sud d’Idleb, des dizaines de milliers de civils auraient fui la région de Maaret al-Nouman (…) vers le nord de la province. Des milliers d’autres attendraient que les bombardements diminuent pour partir », a précisé l’Ocha dans un communiqué.
La région d’Idleb, qui abrite environ trois millions de personnes, dont de nombreux déplacés d’autres régions syriennes, est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d’el-Qaëda.
Cette région, qui échappe encore au régime, a fait l’objet d’un cessez-le feu fin août, fragilisé depuis des semaines par de réguliers bombardements et affrontements.
Mercredi, la conseillère humanitaire auprès de l’envoyé spécial des Nations unies en Syrie, Najat Rochdi, a condamné la recrudescence des violences, appelant à une « désescalade immédiate », au lendemain de bombardements menés par le régime ayant tué 23 civils.
En dépit de la trêve annoncée par Moscou, les bombardements et combats au sol ont déjà tué plus de 250 civils depuis fin août en plus de centaines de combattants des deux camps, selon l’OSDH. En octobre, le président syrien Bachar el-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d’Idleb était la clé pour y mettre fin.