Liban: les manifestants bloquent les rues de Beyrouth à l’expiration de l’ultimatum pour la formation d’un gouvernement

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Vendredi 17 janvier, les manifestants ont bloqué un certain nombre de rues dans la capitale, Beyrouth, après l’expiration du délai de 48 heures accordé à l’autorité pour former un gouvernement.
Depuis quatre semaines, le Premier ministre désigné Hassan Diab poursuit des consultations pour former un gouvernement qui risque désormais d’être rejeté par les manifestants.
Jeudi soir, des appels se sont répandus dans les médias sociaux appelant à la désobéissance civile, à la lumière de l’échec de la formation d’un gouvernement.
Les manifestants ont complètement fermé l’intersection du Ring dans le centre de Beyrouth, avec des conteneurs et des pneus, ainsi que la circulation vers la rue de Hamra, à l’ouest de la capitale.
La route a également été coupée à Jiyeh, à l’ouest de Beyrouth et des barrages de pneus enflammés ont été dressés dans la zone de Zouq, au nord de la capitale.
Au nord du pays, des manifestants ont bloqué un certain nombre de routes principales dans la région de Halba et la place Al-Nour dans la ville de Tripoli, hurlant des slogans condamnant la classe politique au pouvoir.
Quant au gouvernorat de la Bekaa à l’est, les manifestants ont coupé la route vers la zone de Talbiyah et le rond-point de Zahlé à l’aide de pneus enflammés.
Les manifestants continuent de bloquer les routes dans le pays, conséquence du nouvel échec dans les efforts pour former un gouvernement. Ils protestent contre les conditions de vie difficiles et l’impasse politique. Ils exigent désormais un gouvernement loin des partis politico-confessionnels.
Depuis le 17 octobre 2019, le Liban a connu des manifestations populaires qui ont forcé le gouvernement de Saad Hariri à démissionner, le 29 du même mois.
Jets de pierre et cocktails molotov contre la Banque Du Liban à Beyrouth
Après plusieurs heures d’un sit-in pacifique devant le siège de la Banque centrale du Liban (BDL) à Hamra, la tension est montée d’un cran vers 20h30 lorsque des manifestants ont commencé à lancer des pierres et des cocktails molotov en direction de l’institution. Des agents de la brigade antiémeute se sont rapidement déployées sur les lieux, obligeant les protestataires à se replier vers la rue Hamra.
Au cours de la semaine, des incidents similaires avaient déjà éclaté lors des rassemblements devant la BDL. Mardi soir, les manifestations devant la banque centrale avaient tourné en émeutes dans rue Hamra, où les façades de nombreuses banques avaient été vandalisées, avant une intervention musclée des forces de sécurité.