Irak : Un manifestant assassiné à Bassorah et les barrages routiers se poursuivent dans tout le pays

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Les manifestants se plaignent depuis des mois d’être victimes d’enlèvements et d’assassinats, qui, selon eux, vise à les intimider pour qu’ils arrêtent leur mouvement.
Un manifestant a été tué lors d’une attaque armée dans la ville pétrolière de Bassora, dans le sud de l’Irak, a déclaré mercredi une source de la sécurité à l’AFP, alors que les protestations se poursuivaient pour réclamer des réformes politiques.
« Le militant civil Jannat Mazi (49 ans) a été tué par des hommes armés non identifiés circulant dans un véhicule à quatre roues motrices », a déclaré un officier de police de Bassorah à France Press, notant que cinq autres personnes, dont un manifestant, ont été gravement blessées.
L’attaque a eu lieu peu avant minuit mercredi, et une source médicale du département de médecine légale de Bassorah a confirmé avoir reçu « le corps d’un manifestant qui a été abattu ».
Les militants qui assuraient les premiers soins aux manifestants blessés ont été attaqués alors qu’ils revenaient du lieu de la manifestation, selon un correspondant de l’AFP.
L’incident survient après le meurtre de quatre manifestants au cours des deux derniers jours à Bagdad, selon des sources médicales et de sécurité.
La situation tendue dans le pays est préoccupante avec l’anticipation d’une manifestation massive vendredi, appelée par le religieux chiite Moqtada Sadr, exigeant principalement le départ de 5.200 soldats américains d’Irak.
Les manifestants ont accru la pression sur les autorités, organisant des sit-in dans de nouvelles zones, bloquant plusieurs routes avec des pneus enflammés.
Un chaos dévastateur
Les manifestants demandent des élections anticipées en vertu d’une nouvelle loi électorale, la nomination d’un Premier ministre indépendant et la traduction en justice des assassins de manifestants.
La violence qui accompagne les manifestations dans tout le pays a fait près de 460 morts, dont une majorité de manifestants, et plus de 25 000 blessés.
Trois manifestants ont été tués lundi 20 janvier à Bagdad lors d’affrontements avec les forces de sécurité, et un quatrième manifestant a été tué mardi après avoir été atteint au crâne par un projectile de gaz lacrymogènes, selon des sources médicales et de sécurité.
Les militants des droits de l’homme accusent les forces de sécurité d’utiliser des bombes à gaz lacrymogène de type militaire, jusqu’à dix fois plus puissantes que celles utilisées normalement pour disperser les manifestations, et de les tirer directement sur les manifestants, et non en l’air.
Le blocage des routes est devenu courant cette semaine à Bagdad et dans d’autres villes du sud du pays, car les manifestants cherchent à bloquer les voies d’accès à la capitale, Bagdad. C’est ainsi qu’ils se sont rassemblés sur l’autoroute Muhammad al-Qasim à l’est de Bagdad et ont installé des barrières pour empêcher les voitures de passer.
La plupart des manifestants portent des ponchos en plastique pour se protéger de la pluie, et ils ont également mis des masques et des bonnets pour empêcher les forces de sécurité de les reconnaître.
Pendant ce temps, les manifestations se sont poursuivies à Nasiriyah, Diwaniyah, Najaf et Hilla dans le sud, où les manifestants ont coupé les rues principales, causant des perturbations dans les institutions gouvernementales et éducatives, selon les correspondants de l’AFP.
A Nasiriyah, la plus grande ville de la province de Dhi Qar, les manifestants ont coupé la route principale reliant la ville à la capitale et aux villes du sud pour le troisième jour consécutif.
« Nous allons continuer à bloquer la route et à disperser un grand nombre de manifestants pour poursuivre nos grandes manifestations », a déclaré à France Presse le militant Aqil al-Zamili, 50 ans.
« Nous insistons sur la satisfaction de nos revendications nationales », qui sont principalement « la fin du monopole de la classe dominante qui a fait des ravages sur les capacités du peuple par le biais des quotas et de la perpétuation du sectarisme ».
Bloquer les champs pétrolifères
Le blocage des routes à Dhi Qar a provoqué l’arrêt des camions, y compris ceux qui transportent du pétrole de Bassorah, interdisant ainsi leur accès aux champs de production de pétrole.
Une source importante de la compagnie pétrolière Dhi Qar a déclaré à France Press que « la production du champ pétrolifère de Nasiriyah s’est arrêtée pour le troisième jour consécutif en raison de la coupure de la route ». Le champ pétrolifère de Nasiriyah produit normalement 100.000 barils par jour.