Syrie: les forces du régime pénètrent dans la ville stratégique de Maaret al-Numan

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Les forces du régime syrien ont pénétré mardi dans la ville stratégique de Maaret al-Numan, dans le nord-ouest du pays, a annoncé une ONG, après des semaines de bombardements sur cette région dominée par des jihadistes et des rebelles.
Deuxième ville de la province d’Idleb, Maaret al-Numan se trouve sur l’autoroute M5 reliant Alep, grande ville du nord de la Syrie, à la capitale Damas, un axe que le régime de Bachar el-Assad cherche à sécuriser.
« Les forces du régime sont entrées dans Maaret al-Numan, les combats se déroulent dans le secteur ouest de la ville », vidée de la plupart de ses habitants par les bombardements, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Maaret al-Numan est totalement encerclée », a annoncé à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Les forces gouvernementales avaient conquis depuis vendredi une vingtaine de villages et localités aux abords de Maaret al-Numan, resserrant progressivement l’étau sur cette ville qui échappe au pouvoir central depuis 2012, selon l’OSDH.
« Des unités de l’armée arabe syrienne (…) ont progressé dans la ville », a rapporté la télévision d’Etat syrienne.
Le portail Al-Masdar a confirmé les informations sur la prise de la ville. Selon lui, les forces gouvernementales ont non seulement pris la ville, mais ont également écrasé toute résistance des rebelles positionnés sur l’ancienne base militaire de Wadi al-Daif, également située dans la province d’Idleb. Selon le portail, les rebelles qui défendaient la ville ont décidé de cesser le combat et ont battu en retraite. En conséquence, des combattants de la 25e division des forces spéciales de l’armée syrienne (ancienne Forces Tiger) sont entrés dans Ma’arrat al-Nu’man.
L’offensive en cours des forces du gouvernement syrien a suscité de vives inquiétudes en Turquie, et le ministère turc de la défense a publié une déclaration menaçant de répondre fermement aux troupes syriennes si elles menaçaient la sécurité des postes d’observation turcs à Idleb.
Le régime n’a de cesse de marteler sa détermination à reconquérir Idleb. Cette région et des territoires adjacents dans les provinces voisines d’Alep, Hama et Lattaquié sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda.
Ces zones sont aussi occupées par d’autres groupuscules jihadistes et des rebelles affaiblis.
Depuis début décembre, 358.000 personnes ont été déplacées par les raids aériens meurtriers et les combats dans le nord-ouest de la Syrie, selon l’ONU.
La province d’Idleb a déjà été le théâtre d’une offensive d’envergure entre avril et août 2019 ayant tué près d’un millier de civils, selon l’OSDH.
La situation dans cette province a été au cœur d’une réunion lundi à Damas entre le président Assad et l’envoyé spécial russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev. Tous deux ont souligné « l’importance des opérations » menées « avec le soutien russe », face aux « agressions terroristes » des jihadistes et des rebelles contre les zones gouvernementales, selon la présidence syrienne.
Les combats de ces derniers jours visaient également Saraqeb, située directement sur l’autoroute M5, à une trentaine de kilomètres au nord de Maaret al-Numan, mais aussi un secteur de l’ouest de la province d’Alep traversé par cette route, selon l’OSDH.