Syrie : la Turquie ne laissera pas le régime progresser à Idleb, affirme Erdogan

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La Turquie ne permettra pas au régime syrien de progresser davantage à Idleb, dernière province rebelle située dans le nord-ouest de la Syrie, a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan, selon des propos rapportés mardi.
« Le régime essaie de gagner du terrain à Idleb en déplaçant des personnes innocentes qui se dirigent vers notre frontière. Nous ne donnerons pas l’occasion au régime de gagner du terrain, car sinon cela alourdirait notre fardeau », a déclaré M. Erdogan.
Le président turc répondait aux questions de journalistes à bord de l’avion le ramenant d’un déplacement lundi en Ukraine.
La publication de ces déclarations intervient au lendemain de combats d’une violence inédite entre l’armée turque et les forces du régime de Bachar el-Assad dans la province d’Idleb qui ont fait plus de 20 morts.
Dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d’artillerie du régime ont fait huit morts côté turc. Ankara a répondu en bombardant des positions syriennes, tuant au moins 13 personnes.
« Je pense que notre opération leur a infligé une bonne leçon, mais nous n’allons pas nous arrêter, nous allons continuer avec la même détermination », a déclaré M. Erdogan, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. L’attaque du régime contre les forces turques est une « violation » d’un accord russo-turc de cessez-le-feu à Idleb, a poursuivi M. Erdogan, ajoutant : « Bien entendu, il y a aura des conséquences pour le régime ».
Le chef de l’Etat turc, qui avait reproché la veille à Moscou, parrain du régime de Damas, de ne pas « assumer ses obligations », a semblé mardi ne pas chercher l’escalade des tensions avec la Russie. « A ce stade, il n’y a pas besoin d’entamer un conflit ou une dispute d’envergure avec la Russie. Nous avons plusieurs initiatives stratégiques avec la Russie », a déclaré M. Erdogan, en référence au partenariat russo-turc dans plusieurs domaines, de l’énergie au tourisme en passant par la défense. Il a d’ailleurs affirmé qu’il n’était « pas question » de revenir sur l’achat de systèmes de défense antiaérienne russes S-400. M. Erdogan a indiqué qu’il « pourrait » avoir mardi un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Même si elles soutiennent des camps opposés dans le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, la Turquie et la Russie ont renforcé depuis 2016 leur coopération sur ce dossier.
Ankara s’oppose notamment à une offensive de grande ampleur du régime à Idleb afin d’éviter une nouvelle vague de réfugiés vers la Turquie, qui accueille déjà plus de 3,6 millions de Syriens sur son sol.