La Turquie menace de représailles si Assad s’en prend à ses avant-postes syriens

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La Turquie a menacé samedi de représailles si ses avant-postes militaires, dont trois ont été encerclés par les forces du régime de Bachar el-Assad, étaient attaqués dans la province d’Idleb, le dernier bastion rebelle de Syrie.
En accord avec la Russie, un soutien stratégique du régime Assad, la Turquie, qui appuie des groupes rebelles syriens, a installé 12 postes d’observation à Idleb (nord-ouest de la Syrie) pour prévenir une offensive des forces gouvernementales syriennes. Ankara a envoyé depuis vendredi 350 véhicules chargés de commandos et de munitions, dont des transports de troupes blindés, pour renforcer ses positions, selon l’agence étatique Anadolu. Vendredi, une source sécuritaire turque avait indiqué que trois avant-postes avaient été encerclés par des soldats du régime.
« Nos postes d’observations à Idleb sont toujours en service et sont capables de se protéger avec les armes et l’équipement dont ils disposent », a assuré le ministère turc de la Défense sur Twitter. « En cas de nouvelle attaque, une réponse appropriée sera mise en oeuvre de la manière la plus forte, basée sur le droit à l’autodéfense ».
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a posé un ultimatum au régime syrien, lui demandant d’éloigner ses troupes des postes d’observation militaires turcs d’ici fin février.
Lundi, huit Turcs avaient été tués par un bombardement du régime.
Farhettin Altun, le porte-parole du président Erdogan, a déclaré que l’évolution de la situation à Idleb était devenue intolérable pour Ankara, rejetant la responsabilité de la crise sur le régime Assad. « Nous ne pouvons pas tolérer ce qui se déroule à Idleb. Nous demanderons des comptes pour nos martyrs », a-t-il dit. « La place de Bachar el-Assad à l’avenir (…) n’est pas dans son palais présidentiel, mais à la Cour internationale de justice à La Haye » (Pays-Bas).
Cet incident a rendu furieux Ankara, qui a demandé à Moscou de faire pression sur le régime pour qu’il cesse son offensive.
Une délégation russe devait s’entretenir samedi avec des représentants turcs à propos de la situation à Idleb.
La Turquie et la Russie, quoique se trouvant dans des camps opposés dans le conflit syrien, ont collaboré étroitement ces dernières années pour gérer la situation à Idleb.