Libye : pas de trêve, 4 soldats turcs tués

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Malgré l’appel à une trêve pour faire face à l’urgence du coronavirus, le sud de la capitale libyenne, Tripoli, continue d’être le théâtre d’affrontements. Le soir du 22 mars, quatre soldats turcs et un commandant syrien ont été tués.
La nouvelle a été rapportée par le chef militaire de la zone opérationnelle occidentale de l’Armée nationale libyenne (ALN), le général Mabrouk al-Ghazwi, dans un discours prononcé dans la soirée du dimanche 22 mars, dans lequel il a été précisé que les soldats turcs ont perdu la vie à la suite d’un long siège mené par des unités de l’ANL sur l’axe de combat d’Ain Zara, mené depuis le 17 mars. Le leader syrien, en revanche, avait été capturé les jours précédents, mais, malgré les tentatives de le sauver, il est mort de ses blessures. « Le terroriste syrien a admis, avant sa mort, qu’il avait été en compagnie de 10 autres Turcs et 8 Syriens qui avaient fui après que le véhicule blindé qui les transportait ait été touché », a rapporté plus tard Al-Ghazwi, selon lequel ces combattants avaient également demandé le soutien de la base militaire de Mitiga.
Les déclaration d’Al-Ghazwi sont intervenues après que les forces de l’ANL, dirigées par le général Khalifa Haftar, aient mené une attaque aux missiles sur l’axe d’Ain Zara le 22 mars, tuant un homme et blessant ses deux fils. L’incident s’est produit en dépit du fait que les forces de Haftar aient accepté l’appel de l’ONU et de la communauté internationale à établir une « trêve humanitaire » à Tripoli, dans le but de prendre les mesures nécessaires pour prévenir la propagation éventuelle du coronavirus. L’annonce était arrivée la veille au soir, le 21 mars, par l’intermédiaire du porte-parole de l’ANL, Ahmed al-Mesmari.
Pour sa part, le gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de gouvernement d’accord national (GNA), a confirmé que la capitale libyenne continuait d’être le théâtre d’attaques aveugles et que, par conséquent, les propos d’al-Mesmari devaient être considérés comme une farce. Les forces de Tripoli ont donc déclaré qu’elles se baseraient sur les actions, et non pas les paroles, selon le porte-parole des forces du GNA, Mohamed Gnounou. Par ailleurs, le 22 mars, le chef du Conseil présidentiel de Tripoli et Premier ministre, Fayez al-Sarraj, a exhorté la communauté internationale à assumer ses responsabilités en adoptant une position claire face aux violations commises par Haftar. Le gouvernement de Tripoli, a rapporté Fayez al-Sarraj, continuera à préserver son droit de réponse jusqu’à ce que cette action soit arrêtée.
La semaine dernière, la Libye a également essayé de prendre des mesures pour faire face à l’urgence du coronavirus. À cet égard, le 19 mars, le couvre-feu imposé par le général Haftar lui-même, dans les zones sous son contrôle, est entré en vigueur. De son côté le Premier ministre al-Sarraj a déclaré l’état d’urgence, le 16 mars, dans le pays. Il a également décrété la fermeture des ports, aéroports, écoles, universités et autres centres d’agrégation, ainsi qu’une réduction de la présence des fonctionnaires de l’État dans les administrations publiques.
Dans ce contexte, le 17 mars, les Nations unies et neuf autres pays, à savoir l’Italie, les États-Unis, l’Algérie, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Tunisie et les Émirats arabes unis, en plus de la délégation de l’Union européenne en Libye, ont exhorté les parties impliquées dans le conflit libyen à mettre fin aux hostilités pour permettre aux autorités locales de faire face à l’urgence sanitaire, en s’engageant dans ce que l’on a appelé une « trêve humanitaire ». Au début, cela semblait avoir été accepté par les forces de Haftar, également préoccupées par la propagation de Covid-19 parmi leurs combattants.
Cependant, le pays souffre toujours de la grave instabilité qu’il connaît depuis plus de neuf ans et, plus précisément, depuis le 15 février 2011, date qui a marqué le début de la révolution et de la guerre civile. En octobre de la même année, le dictateur Mouammar Kadhafi, a été éliminé, mais depuis lors, le pays n’a jamais réussi à faire une transition démocratique et est toujours divisé en deux camps. D’une part, le gouvernement de Tripoli, né avec les accords de Skhirat du 17 décembre 2015, dirigé par le Premier ministre et chef du Conseil présidentiel, al-Sarraj, reconnu par l’ONU. D’autre part, le gouvernement de Tobrouk, appuyé par le général Haftar. Le gouvernement de Tobrouk reçoit le soutien de l’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis, de l’Égypte, de la Russie et de la France. Le Caire, Riyad et Abou Dhabi, en particulier, apportent un soutien militaire et économique aux forces de l’armée du général Haftar. L’Italie, le Qatar et la Turquie soutiennent le gouvernement reconnu internationalement.